Rencontre avec Ray Celestin – mai 2015

La venue en France de Ray Celestin, l’auteur de Carnaval, pour le festival Étonnants Voyageurs a été l’occasion pour l’éditeur français de ce dernier (Le Cherche Midi) et pour Babelio d’organiser une rencontre avec quelques lecteurs.

Nous nous sommes retrouvés à 11h le dimanche 24 mai au bar La Java, à Saint-Malo. Et une fois tous les participants présents, les premières questions ne se font pas attendre.

Le Tueur à la hache

Sans surprise, nous avons voulu savoir pourquoi l’auteur a choisi de se baser sur l’histoire du Tueur à la hache, qui a sévi à La Nouvelle Orléans en 1918-1919.

Ray Celestin n’avait pas prévu initialement d’écrire sur le Tueur à la hache. Il avait été contacté pour écrire un scénario prenant pour cadre Cleveland dans les années 1950. Au cours de ses recherches, il est tombé sur l’histoire du Tueur à la hache, qui lui a immédiatement plu. C’est à ce moment qu’il a décidé de changer ses plans et d’écrire un roman à partir de ce fait divers. Ray Celestin s’est beaucoup documenté, il a fait des recherches sur la ville, la vie à cette époque, les crimes du Tueur à la hache,… pendant 2 ou 3 ans, mais ne s’est pas rendu à La Nouvelle Orléans pendant son travail d’écriture. Pour la série de crimes du Tueur à la hache, il a dû s’appuyer majoritairement sur les journaux de l’époque, qui sont d’une fiabilité limitée… En effet, les archives de la police de cette époque ont brûlé dans un incendie.

Le Tueur à la hache était une vraie personne, il a réellement commis des crimes, mais à l’époque nombreux étaient ceux qui pensaient qu’il s’agissait d’un démon. Cela a plu à Ray, qui aime les ambiances un peu gothiques. Mais alors que dans les faits le Tueur à la hache n’a jamais été découvert, Ray Celestin en a décidé autrement pour son livre, et a voulu donner à Carnaval un tueur qui est un peu le reflet de La Nouvelle Orléans.

The Mysterious Axman’s Jazz – pochette

L’ambiance du roman

L’ambiance, c’est quelque chose d’important pour l’auteur. Je pense que tous ceux qui ont lu Carnaval seront d’accord avec moi. Et grâce à son écriture très imagée, Ray Celestin arrive parfaitement à nous la faire ressentir. On lui a alors demandé s’il avait pensé à une adaptation cinématographique de son roman, en l’écrivant. La réponse est oui. Mais son style d’écriture est avant tout dû au fait que lorsqu’il écrit un chapitre, il construit ce dernier comme une scène de film. Il visualise cette scène, et l’écrit comme il la voit.

Storyville dans les années 1900

Louis Armstrong et les projets futurs de Ray Celestin

Dans Carnaval, Ray Celestin part de meurtres qui ont réellement eu lieu, et leur donne sa propre explication. Mais en plus de partir de faits réels, Ray Celestin a choisi d’avoir parmi sa galerie de personnages une personnalité très connue : Louis Armstrong. Il voulait en effet une personne célèbre dans son roman, et Louis Armstrong est le personnage le plus célèbre de La Nouvelle Orléans. Mais ici, Louis est jeune : cela rompt avec l’image qu’on a habituellement du musicien. Les informations n’ont pas été difficiles à obtenir, puisqu’Armstrong a écrit une autobiographie de sa vie à La Nouvelle Orléans.

Nous retrouverons d’ailleurs Armstrong dans les prochains romans de Ray Celestin. Et oui ! Carnaval n’est que le premier roman d’une série de livres qui devrait en compter quatre (mais qui pourront se lire indépendamment) ! Quatre livres pour quatre villes et quatre décennies. Le prochain roman se déroulera donc dans les années 1920 à Chicago, qui devient la capitale du jazz à cette époque. Louis Armstrong y rencontrera Al Capone (les deux se connaissaient bien : Louis Armstrong a travaillé au Sunset Café, qui appartenait à Al Capone). Ensuite, Ray Celestin nous amènera à New York dans les années 1940 pour finir à Las Vegas dans les années 1950.

Louis Armstrong

Le titre français

La fin de la rencontre approchant, une dernière question a été posée, à destination de la maison d’édition française, cette fois ci : pourquoi avoir choisi comme titre « Carnaval » (le titre original est « The Axeman’s jazz »). Et bien, au-delà de l’aspect marketing (le titre original aurait pu effrayer les lecteurs non amateurs de polars), Le Cherche Midi a voulu transmettre dans le titre l’aspect festif de l’ambiance de La Nouvelle Orléans. Et qu’on apprécie ou pas ce changement, au vu de la place que prend justement cette ambiance dans le roman, on peut comprendre la démarche !

Bref, je remercie Babelio, les éditions Cherche Midi et bien entendu Ray Celestin pour cette rencontre intéressante et chaleureuse.

Ray Celestin nous confiait au début de la rencontre ne jamais s’être retrouvé dans une pièce avec autant de personnes ayant lu son livre. J’espère donc que ce moment a été aussi agréable pour lui que pour moi. Et vu la qualité de son premier roman, je ne doute pas que son succès et sa notoriété ne vont aller que croissant !

rencontre ray celestin

Pour découvrir ce que j’ai pensé de Carnaval, c’est ici !

Et pour finir en musique : The mysterious axeman’s jazz, composé en 1919 par Joseph John Davilla !

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