La Passe-miroir, tome 1 : Les fiancés de l’hiver – Christelle Dabos

Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’Arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.

Mon avis : 

A deux semaines de la sortie du deuxième tome de La Passe-miroir, il est temps de mettre en avant le tome 1, avec l’article que j’avais écrit au moment de sa parution (novembre 2013).

Ce roman m’a été envoyé par les éditions Gallimard (un grand merci au passage) il y a déjà un peu de temps. Je me décide enfin à écrire cet avis et à vous parler de ce livre formidable. La quatrième de couverture étant plutôt bonne, je ne vais pas vous résumer le livre, et passer directement à mes impressions.

Ophélie est une héroïne inhabituelle et n’a a priori pas grand chose pour elle : elle est myope, toujours cachée sous son écharpe, maladroite et timide. Je trouve ça plutôt sympa, d’avoir pour une fois une jeune fille a priori pas gâtée par la vie comme héroïne. Mais il ne faut pas oublier qu’Ophélie a des dons : elle peut traverser les miroirs, et c’est une « liseuse » (c’est à dire qu’elle peut « lire » le passer des objets en le touchant). Outre que l’idée me plait beaucoup, j’ai apprécié le détournement du mot « lecture ». Les autres personnages ne sont pas en reste : Thorn, le fiancé d’Ophélie, m’intrigue pas mal et me plait, malgré sa froideur. La tante de Thorn, au contraire, me tire donne parfois des frissons dans le dos, avec sa façon de traiter Ophélie. La marraine de la jeune fille, elle, m’amuse : elle se retrouve dans un autre coin du monde sans vraiment l’avoir voulu, à devoir cohabiter avec des gens pas franchement charmants, et on peut dire qu’elle est un peu larguée.

Le monde créé par l’auteure ne manque pas non plus d’originalité : c’est un monde brisé, où seules des arches de terre subsistent et flottent dans les airs. Chaque arche a des caractéristiques propres, et chaque peuple vivant sur une arche possède des dons différents. Dans le tome 1, on ne part à la découverte que de deux arches, mais cela suffit à déclencher notre curiosité. Personnellement, je n’ai cessé de m’interroger : comment et quand le monde s’est-il disloqué? Comment sont les habitants des autres arches?… Et il ne faut pas oublier de parler des esprits de familles, des créatures ma foi très mystérieuses qu’on ne fait qu’apercevoir dans le tome 1, et qui là encore ont aiguisé ma curiosité.

Le style d’écriture, et plus particulièrement le vocabulaire employé par l’auteure, est un autre point très positif du roman. J’ai trouvé que ce vocabulaire était très recherché, et je n’ai vraiment pas eu l’impression d’être face à un roman jeunesse. Cette impression est d’ailleurs renforcée par l’âge des personnages, et par le fait qu’il n’est pas question de quête initiative, comme c’est très fréquemment le cas pour les romans jeunesse.

Il faut ajouter aussi que l’histoire est racontée avec brio. Ici, l’histoire prend son temps, mais elle est prenante. Il n’y a pas d’actions effrénée, mais le rythme est admirablement bien géré. Je ne me suis pas ennuyée un seul instant. J’ai évolué à travers le roman en même temps qu’Ophélie, passant de découvertes et découvertes, réfléchissant avec elle, m’interrogeant avec elle. Ce premier tome amène pas mal de questions, et j’espère trouver quelques réponses dans le tome suivant.

A vrai dire, je n’ai pas adhéré au roman dès les premières pages. Je me suis prise au jeu petit à petit, et sans m’en rendre compte, je suis devenue accro. Je me suis attachée à Ophélie ainsi qu’à Thorn et une fois le livre refermé, j’ai ressenti un sentiment de manque. Chez moi, ce sont les livres comme celui-ci, qui ne semblent pas totalement exceptionnels à première vue, mais qui en réalité ensorcellent lentement le lecteur, qui restent le plus longtemps dans ma mémoire, et qui deviennent des coups de cœur.

Et oui, car ce premier tome de La Passe-miroir est bel et bien un coup de cœur,  d’autant plus que j’ai eu l’impression (et c’est suffisamment rare pour être noté) d’être face à quelque chose de vraiment original, de neuf. Bref, je ne peux que vous encourager à découvrir Les fiancés de l’hiver.

Et pour finir, vous pouvez aussi aller faire un tour sur le site de Christelle Dabos, et sur le groupe facebook de la série !

Informations :

Auteur : Christelle Dabos est née en 1980 sur la Côte d’Azur. Elle commence à écrire ses premiers textes à l’université. Elle se destine à être bibliothécaire lorsqu’elle tombe malade. L’écriture devient alors un moyen de s’évader et de se reconstruire. Christelle Dabos est la grande lauréate du concours d’écriture lancé par Gallimard jeunesse. (source : http://www.passe-miroir.com)

Christelle Dabos

Édition: Gallimard jeunesse

Date de parution : 2013

Nombre de page : 528 p.

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